La console était face à l’assemblée. Il possédait deux claviers manuels de 56 notes en ivoire et ébène, un pédalier incurvé 30 notes, un mécanisme «tubulaire» avec utilisation de «Unit organ» (système américain très en vogue à l’époque). Enfin, le sommier était en chêne.
Grâce à un document photographique, nous avons pu reconstituer le buffet de cet orgue. L’orgue de la basilique était placé sur une tribune dans le prolongement de l’actuelle première tribune mais à un niveau légèrement inférieur si bien que le sommet du buffet se trouvait à la hauteur du vitrail au dessus du Grand Christ.
Sa composition était la suivante :
-
Bourdon 16'
Cor de nuit
Diapason 8'
Flûte douce 4'
-
Flûte harmonique 8’ avec 12 basses de bourdon 16'
Gambe 8'
Voix céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Nazard 2' 2/3
Octavin 2'
Tierce 1' 3/5
Trompette harmonique 8'
-
Soubasse 16'
Basse 8'
-
Tirasse Grand orgue
Tirasse récit
Anches récit
Crescendo général par pédale à bascule au centre de la console
Boîte expressive de tout l’orgue par pédale à bascule
Tirasse Récit/Grand orgue
Tirasse Récit/Grand orgue octaves graves
Trémolo
L’ensemble de l’instrument, en 1929, avait coûté 48 323,90 francs.
Francis Poulenc, grand compositeur moderne, a vécu de 1899 à 1963 et s’est d’ailleurs converti à la religion catholique à Rocamadour le 22 août 1936. ll parle d’ailleurs de Rocamadour de manière très émotive : « A Rocamadour, je passe de longues heures dans le sanctuaire, seul en face de la Vierge sans péché et je reconçois tout à coup le signe indiscutable, le coup de poignard de la grâce en plein cœur. Jamais plus depuis ma croyance n’a faibli. »
Ce célèbre compositeur a joué sur l’orgue de 1920. Les claviers ont été précieusement conservés et réutilisés pour l’orgue restauré en 1970.
Notre but serait de mettre ce clavier à son tour dans l’orgue en projet afin de laisser cet héritage dans son élément originel.
Cet instrument a fonctionné ainsi jusque dans les années 1968 /1970 où les monuments historiques entreprennent la restauration de la basilique. L’orgue change alors de place. Pour cela, il est totalement démonté. Malheureusement, le buffet de Puget a disparu a cette époque pour faire place à un buffet moderne avec en façade des tuyaux muets de couleur jaune pour faire le pendant avec l’ancien maître autel de la basilique (autel du retable de la chapelle sainte Anne).
En 1979, le recteur des sanctuaires et l’association diocésaine de Cahors décident d’une restauration « sonore » de l’orgue et confient ce travail de réharmonisation à Paul Manuel qui transforme très légèrement l’instrument. Cette restauration fut nécessaire car depuis que l’orgue avait été déplacé, il sonnait faux presque en permanence car la sonorité de l’instrument était métallique et l’orgue ne tenait pas l’accord ! Cette restauration a coûtée à l’époque 80 000 francs environ et a été réalisée par Paul Manuel en 6 mois.
A cette époque, la composition de l’orgue est la suivante :
-
Flûte à cheminée 8'
Prestant 4'
Flûte 2'
Plein jeux 4 rangs
Trompette 8'
-
Bourdon 8’
Flûte à cheminée 4’
Doublette
Larigot
-
Soubasse 16'
Basse 8'
-
Tirasse Grand orgue
Tirasse récit
Tirasse Récit/Grand orgue